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November 10 EDITO[ NOUVEL EMPLACEMENT DE CE BLOG : http://litteraturecritique.oldiblog.com/]
Hello everybody !
Vous trouverez sur cet espace des critiques de livres et peut-être aussi de films, voire de Cds si j'en ai le courage... Si vous désirez une critique sur un livre en particulier, demandez-moi, avec un peu de chance le livre est déjà lu et n'attend que votre impulsion pour obtenir sa critique !
A venir : Tobie Lolness (Jeunesse) / Bone (BD) / Je suis morte et je n'ai rien appris (Roman)
Bien à vous
Annnnnnnnnnnnnnnnne
October 28 Mort aux cons (Carl Aderhold)
Tout a commencé avec Zarathoustra. Pas le prophète, le chat de la voisine. Régulièrement, la petite bête passe d’un balcon à un autre et vient terminer la soirée chez le narrateur et sa femme. Un soir, quasiment sans y réfléchir, ce dernier empoigne la minouche et la propulse par-dessus bord. Résultat : un chat mort, une voisine éplorée, des voisins compatissants et un élan d’entraide et de solidarité comme on en a rarement vu. Le narrateur poursuit l’expérience sur les animaux du quartier, de plus en plus d’animaux, de plus en plus gros, de plus en plus loin de chez lui. Et, fatalement, il en vient à tuer son premier con. Dès lors, la machine est en marche : de la concierge au bricoleur du dimanche, en passant par l’assistante sociale ou le chef de service, sans négliger bien entendu une flopée de DRH, le narrateur s’attaque aux emmerdeurs, à ceux qui nous gênent, qui nous bousculent, bref, il supprime les cons.
La tâche lui est facile, presque trop : jamais soupçonné, il assassine à tour de bras. Mais qu’on ne s’y trompe pas : ce roman n’est pas un policier. C’est une œuvre philosophique.
En effet, de chapitre en chapitre, le narrateur s’interroge afin de mener à bien la mission qu’il s’est fixé : qu’est-ce qu’un con ? Comment le reconnaît-on ? Par quoi se distingue-t-il ? Pour tenter de répondre à ces angoissantes questions, il se rend chez son psy régulièrement, lequel perd les pédales à son tour et lui offre des séances gratuites pour mieux étudier le cas avec lui.
Après la mort de sa femme (une vraie conne, il s’en rendra compte juste avant qu’elle meure…), il devient ami avec l’inspecteur chargé de l’enquête. Celle-ci bouclée, et lui innocenté, il lui exposera son point de vue sur le monde et sur les cons.
Deviendra-t-il son meilleur ami ? Son allié ? Son complice ? Se fera-t-il arrêter ? Se rendra-t-il compte qu’il est peut-être, lui aussi, un con ?
Vous le saurez en lisant ce roman délassant et cathartique. Et avant de vous lancer dans une mission du genre de celle de notre héros, pensez que quelqu’un a peut-être eu la même idée que vous, et qu’on est toujours le con d’un autre…
September 17 Jésus et les copains (Planchon)
Tout d’abord, amis du dessin et des graphismes exceptionnels, passez votre chemin ! Car Jésus et les copains n’est pas une BD comme les autres : c’est un roman-photos, ou plutôt un roman de photos, retouchées sous Photoshop. Le même logiciel, ou un autre d’ailleurs, peu importe, a également servi à la colorisation : un chapitre sur deux est effectivement mis en couleur, l’autre moitié se contentant de dégradés plus ou moins rouge terne ou fuchsia.
Mais heureusement, Planchon ne mise pas tout sur le graphisme qui, soit dit en passant, n’est pas si affreux une fois que l’on s’y est habitué. Planchon, donc, nous raconte la vie de Jésus :
Marie, au cours d’une visite de routine chez son gynécologue, le Dr Gabriel, apprend qu’elle est enceinte. Stupéfaite, elle comprend néanmoins rapidement que son amour pour Dieu est forcément à l’origine de cette grossesse. Joseph, mis au courant, s’éloigne peu à peu d’elle, qui ne désire plus qu’une chose : que son fils grimpe rapidement les échelons de la hiérarchie. Apprenant son métier de prophète auprès de son cousin Jean-Baptiste, Jésus devient, à la mort de ce dernier, le numéro 1 de la chrétienté. Balancé entre son sens du devoir et ses sentiments, il n’avouera jamais son amour pour sa secrétaire Marie-Madeleine, mais Judas, jaloux de leur proximité, vendra Jésus, suspecté de s’être proclamé, à tort, fils de Dieu, pour toucher les biens de ce dernier à sa mort. Renié trois fois par Pierre au cours du jugement, Jésus finira crucifié sur le Mont Golgotha.
On le voit, tous les éléments réels (mais peut-on vraiment parler de la vie réelle de Jésus ?), tous les éléments, donc, sont là. Et pourtant. Pourtant, dans ce bref résumé, il manque l’humour, le décalage des situations, le verbe de l’auteur. Pour tenter de pallier ce manque, voici un court extrait, sans les images bien entendu :
JESUS : Maman ! Tu n’aurais pas vu Jean-Baptiste ? Je suis tellement impatient de le revoir ! MARIE, en elle-même : Oh, mon Dieu… Comment lui annoncer que son cousin est mort dans d’atroces souffrances. A JESUS : Ecoute, Jésus… Ton cousin est parti pour un long voyage… Dans d’atroces souffrances. JESUS : - Tu… Tu veux dire qu’il a voyagé en seconde classe ? JEAN : Jean-Baptiste est mort, Jésus ! JESUS : M… Mort ?! JEAN : Oui… Pour un pays très lointain. JESUS : Co… Comment est-ce arrivé ? JEAN : Oh… Tu sais comment était Jean-Baptiste… Toujours à parler politique, à critiquer le pouvoir… JESUS : Oui, c’est vrai… Il était si mal intentionné envers nos hommes d’état. JEAN : Eh bien… le roi Hérode a fini par le faire arrêter. Il a été décapité il y a trois jours… JESUS : Au… Au moins sa mort aura-t-elle été rapide. JEAN : … avec une lame de rasoir jetable.
Voilà. Le ton est donné. Mon avis ? Beaucoup d’humour, aucune vulgarité, ce qui, je dois bien le dire, au risque de me faire des ennemis ou de subir des huées de la part de lecteurs dotés d’un avis différent ou tout simplement d’une plus forte résistance à la vulgarité, ce qui, donc, est assez peu fréquent dans les albums des auteurs réguliers de Fluide, ça y’est, c’est dit.
Qu’on y apprenne les bases de l’histoire religieuse chrétienne, ou qu’on y retrouve les mêmes fondements en manière de clin d’œil, tout est bon à prendre, toutes les façons de le lire sont bonnes. C’est mon sentiment. Et les sentiments, comme le dit Jean-Baptiste à Jésus, sont le couvercle d’un yaourt aux vrais morceaux de bonheur… September 07 La Trilogie des jumeaux (Agota Kristof)
Il y a des trilogies qui se forment par appât du gain, dites « trilogies de Werber », d’autres par sollicitation des lecteurs et/ou de l’éditeur, dites « suites d’Asimov », et il y a des œuvres qui se présentent en trilogie parce que c’est leur raison d’être. Evidemment, la trilogie du Grand Cahier appartient à cette dernière catégorie.
Le Grand Cahier se présente comme un recueil de petits faits. Les protagonistes sont Claus et Lucas. Quel âge ont-ils ? Je ne me souviens pas. Huit ans, ou douze peut-être. Ils sont jumeaux. Leur mère les a laissé chez leur grand-mère, à la campagne, faute de pouvoir les nourrir. Leur grand-mère est dure, vieille, sale, cruelle, méchante. Pour survivre, ou peut-être tout simplement pour jouer, les jumeaux font des exercices : exercice d’endurcissement du corps, de l’esprit, exercice de mendicité, exercice de cécité et de surdité, exercice de jeûne ou encore de cruauté. Peut-être peut-on dire, plus simplement, qu’ils font leur apprentissage de la vie.
D’une écriture concise, sans fioritures, ce roman va droit au but, sans plus de sentiment que n’en ont Claus et Lucas, qui ont sans manière pendu dans leur endroit secret le squelette de leur mère et de leur petite sœur. Pour preuve, ce court extrait (oui, c’est la fin… Si c’est contraire à votre religion ou si vous estimez qu’il n’y a que la fin qui donne de la valeur au livre, alors sautez le passage) :
Père prend les deux planches sous les bras, il avance, il pose une des planches contre la barrière, il grimpe. Nous nous couchons à plat ventre derrière le grand arbre, nous bouchons nos oreilles avec nos mains, nous ouvrons la bouche. Il y a une explosion. Nous courons jusqu’aux barbelés avec les deux autres planches et le sac de toile. Notre père est couché près de la seconde barrière. Oui, il y a un moyen de traverser la frontière : c’est de faire passer quelqu’un devant soi. Prenant le sac de toile, marchant dans les traces de pas, puis sur la corps inerte de notre Père, l’un de nous s’en va dans l’autre pays. Celui qui reste retourne dans la maison de grand-mère.
D’une écriture sensiblement différente, La Preuve est la suite du Grand Cahier. Il est quasiment entièrement consacré à Lucas. Grand-mère est morte, et il s’occupe désormais seul de la maison. Avec Yasmina et l’enfant. Puis avec Clara, mais toujours avec l’enfant. Quand Lucas parle de Claus, tout le monde sourit gentiment. Personne ne l’a jamais vu. Personne ne se souvient l’avoir vu, enfant, dans les rues du village, comme le prétend Lucas. Et puis d’une page à l’autre, soudainement, Claus revient. Il cherche Lucas. Mais ce dernier est parti quelques années auparavant, et beaucoup sont plutôt enclin à croire que celui qui revient, c’est Lucas, fou ou perdu. « Claus », n’est-ce pas tout simplement l’anagramme de « Lucas » ?
La Preuve, c’est le manuscrit qu’écrivait Lucas, et que Claus finit par lire. C’est la preuve, pour Claus, que Lucas existe. Mais quelle preuve a-t-on, nous, lecteurs, de l’existence de Claus ? Quelle preuve, quand la police, venue arrêter Claus pour séjour sans visa, certifiera que le dernier chapitre de ce manuscrit, ajouté par Claus, est de la même main du début à la fin, et les feuilles de papier ne présentent aucun signe de vieillissement. Pire, ce procès-verbal affirme qu’ il ne peut s’agir que d’une fiction car ni les évènements décrits ni les personnages y figurant n’ont existé dans la ville de K., à l’exception toutefois d’une personne, la grand-mère prétendue de Claus T., dont nous avons retrouvé la trace. […] Il est possible que pendant la guerre on lui ait confié la garde d’un ou de plusieurs enfants.
Comment démêler le vrai du faux ? La trilogie s’achève avec Le Troisième Mensonge. Claus est toujours en prison, dans sa petite ville natale, mais il en sortira bientôt. Il doit rentrer chez lui, dans ce pays où il a choisi d’aller à la fin du Grand Cahier. Ça, c’est la première partie.
La seconde débute ainsi : […] Je décroche le téléphone. Je ne dis pas mon nom, je dis seulement : -Allô, j’écoute. Une voix d’homme au bout du fil dit : -Ici, Lucas T. J’aimerais parler à mon frère Klaus T. Je me tais. La sueur coule le long de mon dos. Je dis enfin : -C’est une erreur. Je n’ai pas de frère.
Cette fois, c’est Klaus qui sera le narrateur. Il vit avec sa mère. Il s’occupe d’elle, veille sur elle, la protège, la nourrit. Elle, elle ne parle que de Lucas. Lucas, mon petit Lucas. Lucas aurait fait mieux. Lucas était plus beau. Lucas, Lucas, Lucas. Klaus n’est pas jaloux. Simplement, il s’est occupé de sa mère, Lucas non. Lucas, lui, est parti. Alors revenir maintenant, c’est facile.
Cette trilogie joue avec la mémoire du lecteur, certes. A tel point qu’il est en droit de se demander si ces contorsions du récit sont voulues, ou si Agota Kristof s’est mise à écrire ces suites sans prendre le temps de relire le roman précédent. La mère des jumeaux, morte dans le premier, est vivante dans le troisième. Lucas reste dans le premier et le second, et dans le troisième, c’est lui qui est parti. Et ce troisième mensonge, quel est-il ? Quels sont, surtout, les deux premiers ???
Je vous laisse lire ces livres, pour tenter d’y trouver une réponse.
Moi, je cherche encore.
September 03 Acide Sulfurique (Amélie Nothomb)Un peu tardivement, je l’admets, mais mieux vaut tard que jamais, voici de manière succincte et quelque peu édulcorée ce que je pense de ce livre, et d’Amélie Nothomb en général.
Acide Sulfurique, vous ne l’ignorez pas, a scandalisé les critiques, les libraires, et même le bon peuple. Pourquoi ? Parce que l’action se déroule dans un camp de concentration, filmé 24h sur 24 pour le bon plaisir des spectateurs. L’idée est, bien évidemment, de vilipender la télé-réalité et toutes ces émissions qui ont émergé ces dix dernières années. Autrement dit, Amélie dénonce.
Mais parlons d’abord de l’histoire proprement dite. Une jeune femme au nom à coucher dehors (comme d’habitude) est embarquée dans cette nouvelle émission de télé-réalité, en tant que victime (on ne lui a pas demandé son avis.) Parallèlement, une autre jeune femme est victime du coup de filet : mais il lui est proposé, à elle, de devenir bourreau, c’est-à-dire surveillante, ou kapo, ce qu’elle accepte avec plaisir. Les thèmes battus et rabattus par Amélie sont bien entendu largement développés : beauté quasi-divine, attirance-répulsion, relations ambiguës, amours lesbiennes, désir d’être Dieu, etc. Faites le tour de tous vos Nothomb, vous y retrouverez ces fantasmes, pitoyablement déclinés sur toute la maigre palette qu’offre la conjugaison systématique et forcée de ces sujets obsessionnels.
Bref, le livre se lit rapidement, sans surprise, les gentils gagnent à la fin, comme toujours, les amis de l’héroïne s’en sortent toujours (tous les jours, des gens sont tués au camp : jamais des personnages que l’ont connaît, ou auxquels on aurait eu le temps de s’attacher, évidemment !), la méchante devient peu à peu gentille, ne cherchez aucune allégorie, aucun symbole, il n’y a jamais rien de tout ça dans un Nothomb.
Pour ce qui est de la dénonciation, le message ressemble plus à une chanson de Zazie qu’à un texte de Renaud : la télé-réalité, c’est pas bien, bouh, c’est nul, faut pas la regarder.
Voilà. Voilà ce que l’on peut tirer d’Acide Sulfurique. Pourquoi ce titre, d’ailleurs ? Aucune idée, ce n’est pas immanent, et je n’ai pas cherché plus loin.
Peut-être parce qu’à force d’habitude, on se rend compte que dans les livres d’Amélie, il est inutile de chercher plus loin. August 05 Eragon (Paolini)Exceptionnellement, ce billet n'a pas été écrit pour juger des qualités intrinsèques du livre. J'en parlerai néanmoins, puisqu'il le faut bien, mais dans l'optique d'une comparaison avec le film.
Je vous entends hurler d'ici que cette comparaison est bien inutile, que le livre est toujours meilleur que le film, qu'il faut bien que le scénariste fasse un choix, qu'on ne peut pas en dire autant au cinéma, et qu'au fond il ne s'agit jamais que d'enfoncer des portes ouvertes. Je dis : oui, mais.
Oui, le livre est bien souvent meilleur, voire toujours. Mais il y a des films qui rendent tout à fait honneur au livre dont ils sont tirés, et je n'en veux pour exemple que Le Seigneur des Anneaux : trois tomes écrits par Tolkien, trois volets de plus de deux heures au cinéma. Des choix judicieux, des manques pardonnables et qui peuvent passer inaperçus, bref, pour moi c'est une adaptation réussie. Pour qu'elle le soit un peu plus, évidemment, il faut voir les versions longues, qui sont bien entendu plus complètes, pardonnez-moi cette lapalissade.
Mais revenons à Eragon, que dans mon obstination butée je continue à prononcer "Eragon" et non pas "Eragone", dans la mesure ou la voyelle [õ] se prononce "on" en français et que celui qui déroge à ceci passe à côté du formidable jeu de mot de l'auteur (pardon, je me moque...) qui a nommé son héros Eragon, ce qui rime d'autant plus avec "dragon" que la première lettre est remplacée par celle qui la suit directement dans l'alphabet (quelle inspiration !)
A la lecture du livre, j'avais tendrement souri, m'imaginant le jeune auteur reposant son troisième tome du Seigneur des Anneaux et s'exclamant, enthousiaste : "Je vais écrire, moi aussi, de l'héroïc-fantasy", et ne parvenant pas, mais c'est bien compréhensible, à se détacher du Maître. Ainsi l'on retrouve, pêle-mêle, des elfes, des nains, des combats, une quête à priori impossible, et toute une flopée de clichés plus innocents que méchants.
Mais je me suis laissée séduire et j'ai acheté le deuxième tome. Là, l'auteur a mûri, c'est indéniable. La psychologie des personnages est mieux travaillée, presque maîtrisée, et surtout, surtout, le retournement final, qui donne tout son sens au titre, est phénoménal.
J'ai donc repensé au premier tome avec un peu plus d'indulgence. Il est vrai qu'il ne manque pas d'une certaine imagination, les Razacs, par exemple, sont une réelle trouvaille, qui intrigue et inquiète tout au long de l'histoire, les jumeaux, alliés des Vardens, également. L'histoire du Véritable Langage et du Véritable Nom des choses est un peu plus flou : quelques cours de SLEC auraient été les bienvenus !
Mais il y a de l'idée, c'est indéniable.
Venons-en donc au film. Ayant tout de même passé un agréable moment avec le livre, je pensais qu'un bon scénariste saurait y déceler au moins aussi bien que moi les faiblesses et les atouts. Et bien non.
Pour commencer, exit les nains, alliés aux Vardens, ainsi que les Jumeaux, dont le rôle est pourtant tellement impressionnant. Exit également la relation du frère d'Eragon avec la fille du boucher, qui est pourtant le ciment du deuxième tome.
Ensuite, les créatures si originales et démoniaques prennent l'allures de pantins : l'Ombre, si impressionnant et d'apparence indestructible dans le livre, est à l'écran tout ce qu'il y a de plus humain, avec en prime le charisme d'un beignet.
Les Razacs, eux-aussi si menaçants, sont expédiés au premier combat, et ne sont plus des volatiles vaguement humanoïdes mais des hommes noirâtres et faiblards, tandis que les Urgals se sont également transformés en humains plus ou moins maquillés.
En fait, il y a à mon sens une raison évidente à ces différences importantes : tout l'argent a été investi dans Saphira, le dragon, et plus rien n'est resté pour les autres créatures.
Moi je dis : dommage. Le livre méritait vraiment mieux, et ne serait-ce que pour pouvoir à votre tour juger ce film excécrable, achetez le livre.
Mieux : lisez-le.
July 28 Démolir Nisard (Chevillard)J'ai retrouvé ce livre en faisant la poussière, et je me suis dit que c'était une bonne occasion d'en parler. Le seul problème, c'est que je ne l'ai pas fini, et que je ne pense pas le finir avant un bon moment. Non pas que je sois lente, mais ce livre est monstrueusement chiant. Au début je me suis dit "chouette, on va démolir Nisard, c'est trop cool, moi qui ai si souvent envie de démolir toutes sortes de gens au gré de mes rencontres (méfiez vous si vous me croisez dans les couloirs, ce genre de pensées me vient à l'improviste.)". Bref, je me suis dit, "ma petite Simone, fais-le toi offrir pour Noël." Alors en effet, on a commencé à parler de Nisard, puis de Nisard, et encore de Nisard, on l'a mis dans deux trois situations assez marrantes, mais là franchement, arrivée page la-moitié-environ, j'avoue, j'en peux plus de Nisard, et la pseudo-intrigue qui par ailleurs est totalement inexistante avance aussi vite qu'un cours de littérature. J'ai commencé à démolir Nisard, mais j'ai pas pu finir -indigestion. Par contre, je serais pas contre démolir quelques camarades de l'IUT. Je peux ? Promis, j'en ferais pas un livre... Quoique. Moby Dick (Melville)J'en avais tellement entendu parler que je me suis dit, ma petite Simone, tu vas l'acheter. Bon. Ceci fait, restait à le lire...
Autant vous détromper tout de suite, Moby Dick n'est pas une histoire de baleine. C'est une histoire de patience. D'abord, le livre, version poche, fait environ 650 pages, pour mon édition. Pas de quoi fouetter un chat, je vous donne seulement ce nombre à titre indicatif, pour la suite. Si vous pensiez prendre la mer dès les premières pages, maîtrisez votre impatience : au chapitre 22, page 159, Ismahel, le narrateur, à bord du Péquot, prend le large. Ouf ! Si vous pensiez rencontrer des baleines dans les pages suivantes, jugulez votre ambition : vous aurez d'abord droit à une description des différents rôles à bord d'un balainier ; un cours de cétologie comparée ; des considérations poético-religieuses sur le soleil couchant, la pêche à la baleine, et j'en passe. A noter que toute description est, bien entendu, si minutieuse et précise qu'on ne voit et ne comprend rien du tout. Une preuve ? Bon, vous l'aurez voulu... Ainsi, page 338 : "La ligne à baleine n'a guère que deux tiers de pouce de section. A première vue, on ne la croirait jamais aussi solide, mais l'expérience a prouvé que chacun de ces cinquante et un fils porte un poids suspendu de cent vingt livres, ce qui fait que le filin entier résiste à une traction de plus de trois tonnes. La longueur ordinaire de la ligne à cachalot est de l'ordre de deux cent brasses. Placée à l'arrière de la baleinière, elle est soigneusement lovée dans sa baille, non pas en spirale à la façon d'un serpentin d'alambic comme on le croit toujours, mais "en galette", de manière à constituer une masse ronde et homogène comme un fromage, chacune des couches de spires concentriques, ou "galette", étant serrée et dense, sans aucun vide autre que le "coeur", c'est à dire le mince cylindre vertical qui forme l'axe central de ce fromage." Il y en a encore deux pages (je vous jure), mais je vous laisse la surprise... Si vous pensiez rencontrer rapidement Moby Dick, cachez votre déception : page 235, au chapitre "Moby Dick", l'auteur vous en parlera, mais juste un peu (il reste quand même encore 400 pages à remplir !) Si vous pensiez partir sans faute à la chasse à la baleine, ne pleurez pas, mais la chute est dure : page 274, chapitre 48, intervient seulement la première mise à la mer. Ensuite, d'accord : vous rencontrerez différents autres vaisseaux comme le vôtre, papoterez avec ses capitaines respectifs, leur demanderez en passant s'ils n'ont pas vu Moby Dick, chasserez quelques baleines et autres cachalots, les dépecérez, et moult autres choses tout aussi réjouissantes. Page 604 (et je ne vous mens pas), vous trouverez enfin Moby Dick. Et je ne vous en dirais pas plus... Mon avis sur Moby Dick ? Splendide. D'accord, je le lis depuis octobre dans tous mes voyages en métro pour venir et rentrer de l'IUT (25 min par trajet) et je l'ai fini ce soir, d'accord, les descriptions sont incompréhensibles et imbuvables (cf extrait plus haut). Mais quelle histoire mes amis ! Quelle traque fabuleuse, quel personnage que ce capitaine Achab, si violent, si torturé, ne pouvant échapper à son destin et le sachant pertinamment, lui dont la jambe a été arrachée par Moby Dick le cachalot blanc, et qui depuis s'est juré de le poursuivre et de le tuer... Sincèremement, si vous ne savez pas quoi lire dans le métro, achetez Moby Dick. La Grammaire est une chanson douce (Orsenna)Je vous le dit tout de suite : n'allez pas l'acheter, volez-le, vous ferez une bonne action en débarrassant votre libraire préféré de cette m***** immonde. L'histoire ? Facile : deux gamins s'échouent sur une île, ils vont y rencontrer les Mots (oh, quelles personnifications touchantes...!), apprendre je ne sais plus quels métiers, dont celui qui vous transforme en vieille folle prononceuse de mots ("parce que si on ne prononce plus les mots, et ben ils meurent...." oooooooohhhh les pauvres.... En même temps, on appelle ça l'évolution linguistique, je suis bien contente de ne plus parler avec les mêmes mots que Rabelais...), bref, à la fin ils ont appris à connaître personnellement la langue qu'ils parlent, et on est bien content pour eux. Mon avis sur ce bouquin, je ne vous le donne pas, mais sachez les types qui se lèvent un matin en se disant "tiens, je vais écrire un bouquin pour les gamins", je les exècrent. Ils devraient savoir, ces espèces de vieux c***, qu'un gamin est un gamin, pas un demeuré. Et puis le "je vais écrire une jolie histoire pour les petits mais aussi pour les grands", ça a déjà été fait, ça s'appelle Le Petit Prince, fais pas semblant de pas être au courant Eric, ça se voit comme ton gros nez au milieux de ta piteuse figure que tu t'en es très largement inspiré, en reprenant la trame de Saint Ex sans en avoir le talent, bien entendu. Evidemment, comme cette immondice a été écrite par Môssieur Eric Orsenna, non seulement elle a été publiée mais elle s'est vendue !!!! Oui messieurs dames, j'irai même jusqu'à dire qu'elle a été achetée, et par des gens comme vous et moi ! Enfin, surtout comme vous, parce que moi je ne l'ai pas achetée. On me l'a offerte. Merci de votre visite !
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